(selon Pierre Pradervand)
« Ce blog de Fabrice Pinel est une transcription intégrale d’une vidéo qu’il a réalisée. Si vous préférez regarder la vidéo, vous pouvez la visionner ici https://gentleartofblessing.org/fr/les-5-lois-spirituelles-de-lunivers-bienveillant/
La pratique de la bénédiction repose sur la vision d’un univers profondément bon, aimant, qui nous guide et nous soutient à chaque instant de notre parcours. Le but de cet article est de vous expliquer comment cela fonctionne et d’où provient un tel modèle de l’univers.
Introduction
Commençons par citer nos sources…
Ce petit essai s’appuie sur le petit livre « Vivre ma spiritualité au quotidien » que Pierre Pradervand a publié chez Jouvence. Pour les anglophones, vous pouvez également en trouver une présentation sensiblement plus longue et détaillée dans « The Gentle Art of Blessing ».
Dans ces deux ouvrages, Pierre décrit très largement la vision du monde qui est à la base de sa spiritualité. S’il y parle de lois spirituelles -exactement comme l’on parlerait de lois physiques- il n’entend pas cependant démontrer ou établir leur validité scientifique. Son propos est plutôt de nous partager les fruits de son expérience et de sa propre pratique. Son adresse est claire : Ne prenez pas ces lois pour argent comptant mais comme des « hypothèses de travail ». Adoptez « une attitude réellement expérimentale plutôt que mystique ou relevant de la foi du charbonnier ».
Autrement dit, il nous invite à en faire l’expérience et à en vérifier la validité pour nous-même.
S’il parle de « lois », c’est qu’il est néanmoins convaincu que le fonctionnement qu’il nous présente s’applique de manière universelle et qu’il ne souffre donc aucune exception, exactement comme c’est le cas des lois physiques, celle de la gravité par exemple.
Alors évidemment dans le cas de Pierre, c’est sa pratique quotidienne et assidue de la bénédiction, et la brassée de surprises, de retournements, de miracles qu’elle a produits aussi bien dans sa propre vie que dans son environnement, qui l’a sans doute régulièrement renforcé dans ses propres convictions et a fourni une assise aussi solide et étayée à sa vision.
Mais il faut noter aussi chez lui plusieurs expériences spirituelles fortes d’ouverture du cœur : ces aperçus d’éveil lui ont, nul doute aucun, donné à sentir la réalité de cet amour qui soutient et anime l’univers tout entier.
Autrement dit, ce que l’on va décrire ici ne relève pas d’une vue de l’esprit, d’un idéal utopique, d’un fantasme ou d’une projection, mais bel et bien d’une réalité vécue, ressentie, aussi incontestable que peut l’être la perception du sol sous nos pieds.
Pour ma part, je ne vous partagerais pas cette vision si elle ne reflétait pas aussi ma propre expérience de vie et que je ne portais pas foi aux innombrables récits, tous convergents, que nous ont laissés à toute époque les éveillés de toutes traditions.
Je renvoie d’ailleurs sur ce sujet au magistral travail de réflexion et de compilation qu’a effectué José Le Roy sur « L’éveil spirituel » publié chez Almora.
Loi 1 / La loi des attentes positives Première de ces lois : L’ATTENTE DU BIEN NOUS OUVRE À LE RECEVOIR
Pierre l’explicite ainsi : « Plus nous nous attendons au bien et l’affirmons comme une loi qui gouverne nos vies, plus il se manifestera dans notre existence. »
C’est donc comme il le dit lui-même « une loi d’attraction du bien ». On en connaît tous la facette la plus triviale : si l’on part du mauvais pied le matin, qu’on se lève stressé ou grincheux, il y a de plus fortes chances que les nuages s’épaississent et que les obstacles s’accumulent rapidement autour de nous.
Au contraire, le sourire, la gratitude, l’enthousiasme nous placeront dans un état d’ouverture et de détente qui faciliteront notre approche des actions à entreprendre et des défis éventuels qu’il nous faudra relever.
Autrement dit, notre état d’esprit de départ peut soit nous compliquer la tâche, soit nous la faciliter, soit renforcer notre négativité, soit au contraire nous alléger.
La loi des attentes positives va cependant plus loin : elle affirme que tout bien que nous espérons et que nous savons appeler correctement peut en réalité s’accomplir.
Exactement comme dans la déclaration de Jésus en Marc 11 :24 que je cite ici : « Tout ce que vous demanderez par la prière, croyez que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir. »
Alors, pourquoi n’ai-je pas obtenu la voiture rouge de mes rêves ? Pourquoi n’ai-je pas encore eu la promotion que je convoitais ? Pourquoi n’ai-je pas gagné au dernier Euromillions ? Pourquoi ma chaine YouTube n’a-t-elle pas plus de succès ? J’en avais pourtant bel et bien fait la demande !
Eh bien, parce que cette loi part du principe que l’univers veut notre bien, notre bien effectif et profond, et non pas un bonheur superficiel, limité et éphémère. L’univers n’est certainement pas là pour céder au moindre de nos petits caprices.
(Imaginez simplement les conséquences catastrophiques sur notre environnement ou nos sociétés si c’était le cas…)
Notre bien sur Terre passe certes par la réponse à certains besoins matériels (nourriture et abri notamment) mais la nature ultime du bien que nous visons ne se limite pas à ce domaine ; elle est en réalité d’essence spirituelle.
Or la juste appréciation de celle-ci nous demande justement certaines compréhensions et des remises en question importantes, tout un cheminement en somme, et par conséquent son lot d’expériences, d’épreuves, d’apprentissages, et même de privations.
La fameuse abondance dont le milieu du développement personnel nous rabâche les oreilles à longueur de journée n’est pas, contrairement à ce que nombre de ses thuriféraires affirment, une abondance de type exclusivement matériel ou émotionnel.
Et le bien qu’évoque Jésus dans le verset cité plus haut pointe vraisemblablement vers notre nature divine. Demandez, appelez votre véritable nature qui est celle de l’amour, et vous la réaliserez !
Comment a-t-on pu penser, même une seule seconde, que Jésus se préoccupait de votre 4×4 ou du dernier IPhone auquel vous rêvez ? Sérieusement…
Il est fondamental d’ailleurs de souligner que cette nature divine ne peut de facto vous être ôtée puisque c’est ce que vous êtes déjà par nature, même si votre petit ego l’ignore et que ses voiles obscurcissants vous le cachent.
La loi des attentes positives nous invite donc à nous retourner par nous-même et en toute liberté vers ce Bien déjà présent, à le rechercher, à le cultiver, pour le faire émerger peu à peu dans la moindre de nos actions et de nos pensées.
Loi 2 / La loi du juste retour
Deuxième loi : CHACUN MOISSONNE SELON CE QU’IL A SEMÉ
Cette formulation vous fait sans doute penser à la Bible et voici ce qu’on retrouve en effet en Galates 6 :7 : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. »
C’est ce qu’on appelle également dans un autre contexte culturel la loi du karma, ou loi de cause à effet, et qu’on retrouve d’ailleurs formulée d’une façon ou d’une autre dans tous les grands enseignements spirituels, qu’ils soient juifs, musulmans, confucéens… ou même laïcs.
Le simple bon sens s’accorde en effet à dire que nos actions et nos pensées ont généralement des conséquences.
Entretenir de bonnes relations avec son voisinage, ses collègues ou les autres pays du monde n’est évidemment pas la même chose que leur pourrir la vie, parler mal d’eux ou leur déclarer la guerre !
Nous savons tous qu’un geste d’amour ou qu’une parole de réconfort n’ont pas les mêmes conséquences que l’indifférence, qu’un mouvement de rejet ou qu’une pique ou une remarque blessante.
Le passage de la Bible cité plus haut va en réalité beaucoup plus loin cependant. Voici sa suite moins connue :
« Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle… »
Cela suppose donc qu’il y a deux manières de moissonner : une première qui s’arrête au seul plan matériel, et une autre qui donne tout son crédit à la nature spirituelle de ce que nous entreprenons.
Si vous vous investissez uniquement dans le versant matériel des choses, c’est à lui que vous serez sans cesse confronté, et c’est donc son impermanence, sa corruptibilité, les infinies frustrations qu’il engendre qu’il vous faudra gérer.
Si au contraire vous vous focalisez sur votre nature profonde, qui est dans son expression la plus simple AMOUR et JOIE, c’est dans ce champ-là que vous effectuerez vos moissons. C’est cet amour et cette joie qui constitueront le socle de votre vie. Ce seront eux les moteurs de la réalité que vous vivrez.
Votre décision de bénir et de souhaiter pour chacune et chacun le plus grand bien vous apportera alors d’exprimer et d’être, de plus en plus et dans toutes circonstances, ce BIEN que vous convoitez.
Loi 3 / La règle d’or
Troisième loi : TOUT CE QUE VOUS FAITES À AUTRUI, VOUS LE FAITES AUSSI À VOUS-MÊME
Cette règle semble au fondement de nombreuses cultures et sociétés et en constitue souvent le pivot moral central. Il est fascinant de la retrouver formulée dans la plupart des grands courants religieux. Pierre s’amuse d’ailleurs à les lister, et je vous invite à en vérifier par vous-même la totale congruence.
Cette loi, que j’ai formulée ici comme un principe, s’exprime généralement sous forme d’interdit ou de recommandation comme par exemple en Galates 5,14 :
« Toute loi est accomplie dans une seule parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Ou comme en Matthieu 7 :12 :
« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faîtes-le de même pour eux car c’est la loi et les prophètes. »
Cette loi que l’on pourrait trouver coercitive ou exigeante reflète en réalité notre unité profonde. NOUS SOMMES UN et le mal qui est fait à l’un d’entre nous nous affecte nécessairement en retour.
Prenons la métaphore du corps. Un seul de ses organes est atteint et c’est l’ensemble qui en pâtit.
De même, si une catégorie de la population est exploitée, reléguée, paupérisée, c’est le groupe tout entier qui porte les conséquences et les difficultés de cette situation : violence, frustration, drogues, alcoolisme, délits…
Tout le monde souhaite de fait être logé à la même enseigne : d’amour, de respect, de justice. Tout le monde souhaite être écouté, reconnu, entendu.
Cette règle d’or par conséquent, quand elle est comprise dans ses implications profondes, est en réalité le meilleur garde-fou que nous ayons contre la violence, l’outil le plus puissant que nous ayons pour développer la paix.
C’est elle par exemple qui nous permet de comprendre que lorsque nous attentons à la nature et à notre environnement, nous en sommes en réalité, par solidarité et ricochet, les toutes premières victimes.
Parce qu’elle est justement formulée sous forme d’interdit, cette règle nous semble encore malheureusement parfois très lointaine, et même inaccessible. Ultimement cependant, il n’y a qu’UNE SEULE PLANÈTE, qu’UNE SEULE HUMANITÉ
Et c’est précisément cela la loi d’Amour : notre totale interdépendance, notre inaliénable unité.
Loi 4 / La loi de l’amour inconditionnel
Quatrième loi : LE FOND DE NOTRE ÊTRE LE PLUS AUTHENTIQUE EST TOTALEMENT AMOUR
Oui, vous avez bien entendu ! Ce que dit cette loi, c’est que nous sommes, vous et moi, et chaque individu, au plus profond de lui-même et dans son essence même, AMOUR.
Celui (ou celle) qui vous crie après et vient de vous klaxonner sauvagement est AMOUR.
Celui (ou celle) qui du jour au lendemain vous vire comme un malpropre de la boîte dans laquelle vous vous êtes tellement investi est AMOUR.
Celui (ou celle) qui tue, vole, profane, ment, détruit, exploite est encore AMOUR.
Quoi de plus scandaleux pour le sens commun, n’est-ce pas ?!
Nous savons pourtant reconnaître, parfois, et même si cela n’est pas forcément facile, qu’en fin de compte, malgré tout ce que les uns et les autres nous reprochent ou seraient en droit de nous reprocher, à l’égard de nos propres fautes, erreurs ou manquements, qu’au final nous avons simplement fait de notre mieux.
Oui, après coup, il peut nous arriver de regretter, et d’entrevoir quelle autre issue nous aurions pu prendre, mais le geste est accompli, la parole a été dite, et nous avons bien, à l’arrivée, géré la situation comme nous le pouvions, même si c’est parfois de la façon la plus catastrophique.
Pierre Pradervand nous donne ce repère précieux pour appréhender nos propres capacités en même temps que celles de notre prochain avec amour justement : « À chaque moment, chaque être humain est à son plus haut niveau de conscience. »
Ce qui veut dire que si nous jouons mal, que ce soit contre l’autre ou contre nous-même, c’est que nous ne savons tout simplement pas bien jouer et que nous n’en sommes pas encore capables.
On sait tous qu’au fil du temps l’expérience peut nous permettre de nous corriger et de nous amender, mais on sait aussi que l’apprentissage peut être long, tortueux, et les prises de conscience difficiles, les expériences douloureuses, les allers-retours incessants…
Il nous faut souvent bien du temps et bien des tâtonnements pour comprendre où est réellement notre bien…
Il nous faut lever bien des voiles avant de nous rendre compte qu’au fond de chaque homme c’est le même sceau de l’amour divin qui y a été déposé.
Il nous faut beaucoup de maturité et de sagesse pour nous apercevoir que la seule voie véritable est d’affiner un peu plus chaque jour cette capacité de nous ouvrir à ce qui est, et d’aimer, quelles que soient nos limitations premières à le faire.
Loi 5 / La loi de l’harmonie universelle
Cinquième et dernière loi : UN PRINCIPE D’AMOUR OPÈRE POUR GUIDER ET AJUSTER TOUTES CHOSES POUR NOTRE BIEN
Cette loi qui postule qu’ « une harmonie fondamentale gouverne tous les êtres » est sans doute la plus directement réconfortante.
Elle affirme, comme le dit Pierre Pradervand, que « chaque défi, chaque difficulté ou chaque épreuve contient en elle un don secret, une bénédiction cachée qui peut contribuer à notre croissance vers plus de plénitude, même celle qui peut paraître totalement destructrice. »
Il n’est de ce point de vue aucune épreuve gratuite ou stérile. Il n’est aucune vie qui ne soit livrée aux mains cruelles ou aveugles du destin.
Ce type de perception ne tient en réalité qu’aux présuppositions erronées que se fait l’homme des difficultés qu’il traverse.
On a tous par contre bien évidemment en tête des exemples où la coupe nous semble trop pleine, la situation injuste, inadmissible, injustifiable, absurde, absolument non plaidable aux yeux d’un Dieu Amour.
Devant la mort prématurée d’un enfant par exemple, la torture, la prostitution forcée…
Chacun a sa limite et les haut-le-cœur ne manquent pas ; on ne va pas se le cacher.
Il est pourtant, régulièrement, des témoignages bouleversants et édifiants, pour dire ce que ces épreuves ont forgé dans le cœur de celles et ceux qui les ont endurées.
Il est sans cesse des rappels pour affirmer que même dans le plus profond des abysses une lumière brillait encore et qu’une main malgré tout les tenait.
Il est toujours des êtres pour embrasser ce qui semble à d’autres impossible à supporter ou traverser, et qui en ramènent de pleines brassées de trésors et de lumières.
Il en est toujours pour nous rappeler que les naufrages et les souffrances n’empêchent pas l’amour, et que chacun est au même titre l’enfant chéri de ce monde.
Que personne n’est abandonné, que personne n’est laissé pour compte.
Tout simplement parce qu’il n’y aurait aucune raison à le faire.
Vous connaissez sans doute ce passage de Matthieu 6 :26 : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? »
Eh bien, la loi de l’harmonie universelle considère que, ni dans la matière ni dans l’esprit, un Père ou une Mère dignes de ce nom ne songeraient, même une seule seconde, à détourner de vous ses yeux. Encore moins de vous faire souffrir sciemment.
Je donne à Pierre Pradervand le mot de la fin avec ce partage très inspirant : « Chacun de nous a la même valeur que tous les êtres sur cette planète. Chacun de nous est absolument unique dans le temps, l’espace et l’éternité. L’Amour infini qui régit l’univers a besoin de vous pour être complet, parfait, infini – car un Infini auquel il manquerait ne serait-ce qu’une parcelle, un atome, ne serait ni infini, ni parfait. »
Conclusion
Voici le temps de conclure…
Encore une fois : les hypothèses présentées dans ce podcast ne sont pas à prendre pour argent comptant. Elles sont partagées par conviction mais la seule chose qui compte est de les expérimenter.
Ne les condamnez pas davantage si vous ne les avez pas investiguées. Explorez-les ! Mettez-les en action !
Culturellement, nous sortons d’une situation assez paradoxale où nous émergeons d’une religion qui s’est appuyée sur le message d’amour du Christ tout en prêtant le plus souvent à son Dieu des airs vengeurs et peu amènes, aux antipodes même de ce supposé amour. On sait très bien à quel point le christianisme a pu aiguiser en nous un certain sentiment de culpabilité, quand ce n’est pas d’indignité…
À tel point que j’oserais dire que cette religion de l’amour nous ne l’avons pas encore vécue. Elle a certes vraisemblablement existé dans l’être même de certains saints. Mais pour le reste, tout est à faire, dans le cœur de chacun.
La pratique et l’art de la bénédiction nous attendent donc impatiemment si nous voulons mettre à l’épreuve ces lois de l’univers bienveillant.
L’émergence de ce rapport d’amour à nous-même et aux autres n’est encore qu’en devenir. Nous sommes très loin d’en avoir savouré tous les fruits…





