Au secours, je me noie… dans l’information

Il existe deux facteurs majeurs qui, combinés, rendent la vie actuelle extrêmement difficile pour quiconque tente de rester informé sur les grandes questions de notre temps.

Le premier est l’affaiblissement de l’autorité dans de nombreux domaines de la vie. Pendant des milliers d’années, la vie des gens a été dirigée par un petit nombre d’autorités : la religion, et plus tard, en Occident, l’Église, l’Etat, la médecine et le médecin de famille, l’instituteur, les coutumes sociales et, dans la plupart des cultures, les hommes plutôt que les femmes. (Je me souviens encore d’avoir rendu visite, dans les années 70, à un chef du Tchad, au Sahel central, qui, lorsque je l’ai rencontré, s’est excusé de n’avoir que 32 femmes (son père en avait 94) et celles-ci rampaient à genoux sur le sol, la tête penchée, jusqu’à ce qu’elles atteignent ses pieds et qu’il leur permette de lever la tête et de s’adresser à lui).

La seconde est l’explosion de l’information depuis l’invention de l’internet par un scientifique britannique, Tim Berners Lee, au CERN (Centre Européen pour la

Recherche Nucléaire) de Genève en 1990. Au milieu des années 90, l’invention des câbles à fibres optiques a facilité la circulation de l’information d’une manière étonnante. En 1997, seul un pour cent des informations circulait par le biais de systèmes bidirectionnels tels que l’internet ; en 2000, ce chiffre était de 57 % et de plus de 97 % en 2007. N’importe qui dans le monde, qu’il/elle flotte sur un iceberg dans l’Antarctique ou navigue dans un petit canoë dans le Pacifique, peut, avec une bonne connexion internet, avoir accès à la quasi-totalité des informations disponibles sur le globe.

MAIS – et c’est vraiment un énorme mais – la combinaison de la perte d’autorité dans tant de domaines et de la disponibilité instantanée d’énormes quantités d’informations souvent contradictoires partout signifient que nous devons choisir ce que nous allons croire. La pandémie du covid l’a douloureusement montré à beaucoup d’entre nous : les autorités médicales de haut niveau des deux camps ont affirmé détenir la vérité. Mais malheureusement, dans le camp des partisans de la vaccination, des mensonges purs et simples ont été diffusés, parfois même par les gouvernements, comme le montre très clairement le brillant livre du journaliste scientifique français Xavier Bazin, “Antivax toi-même !

Le citoyen moyen comme vous ou moi est donc confronté à un dilemme auquel aucun de nos prédécesseurs, quelle que soit l’époque, n’a jamais été confronté. Et je n’ai pas encore trouvé (et j’espère ne jamais la trouver) la pilule de Big Pharma qui dissout instantanément les doutes !

Mon attitude personnelle face à ce dilemme est de m’informer du mieux que je puisse, puis d’entrer dans le silence. Et d’écouter. Car je crois en une providence infiniment aimante qui me guidera toujours si je la cherche. Et en travaillant encore à 85 ans, avec des journées de dix-sept heures, cela semble fonctionner pour moi.

Mais la dimension la plus importante pour moi est la recherche intellectuelle honnête, suivie de l’entrée dans le silence avec une immense confiance dans cette providence qui m’a sauvé la vie de façon étonnante, parce que j’ai réussi à lui faire confiance.

Amie, ami, tu peux faire de même.

Pierre Pradervand. Avril 2023

“Je nous bénis tous de trouver cet espace intérieur au fond de nous qui est au-delà de tout changement parce qu’au-delà du temps et de l’espace, où nous pouvons toujours nous restaurer et trouver cette “paix qui dépasse tout entendement”, qui est notre ultime demeure.” PP