BÉNIR ET CONSOLER
Il est certaines épreuves qu’il semble plus difficiles que d’autres de bénir…
Certains drames qui nous apparaissent particulièrement inacceptables ou injustes à nos yeux d’humains.
La disparition d’un enfant en fait partie.
Les mots même de la bénédiction peuvent alors nous sembler révoltants, inadéquats.
Dans ces temps-là, mieux vaut le plus souvent laisser parler notre présence, se mettre à l’écoute, accompagner d’un geste, montrer et redire à l’autre à quel point on l’aime.
Ce que l’auteur Anne-Dauphine Julliand (« Deux petits pas sur le sable mouillé », « Ajouter de la vie aux jours ») appelle la consolation.
C’est ce chemin fragile et bouleversant que je vous propose d’emprunter dans cette « Bénédiction de consolation pour les parents endeuillés par la mort d’un enfant ».
Il est certaines épreuves qui nous semblent bien trop lourdes à porter, des drames qui nous meurtrissent au plus profond de notre être.
La perte d’un enfant en fait partie, que celle-ci survienne en bas âge ou bien plus tard.
Quel sens à perdre celle ou celui que l’on est en train d’élever ? Quelle justification donner quand l’amour n’est tout simplement plus possible ?
La consolation peut alors sembler bien dérisoire…
L’incommunicabilité de l’épreuve un supplice supplémentaire…
La présence et le soutien de l’entourage, aussi fragiles soient-ils, sont pourtant alors
des plus nécessaires et salvateurs.
L’auteure Anne-Dauphine Julliand (« Deux petits pas sur le sable mouillé », « Ajouter de la vie aux jours ») s’en est fait le relai dans son ouvrage « Consolation ».
Ayant perdu elle-même trois de ses enfants (ses deux filles Thaïs et Azylis sont décédées d’une maladie dégénérative à trois ans trois quart et dix ans et demi, son fils ainé Gaspard s’est suicidé la veille de ses vingt ans), elle revient longuement sur les paroles, les silences, les gestes et les attitudes des uns et des autres.
Elle souligne à quel point il est important pour vivre et traverser ce type d’épreuves de se sentir accueilli(e) et aimé(e), de sentir que notre souffrance et notre douleur sont légitimes et ont totalement leur place dans ce monde.
Car ici, il ne s’agit pas de contenir ou de résorber une souffrance et un arrachement appelés à marquer notre vie tout entière, mais de les laisser cohabiter progressivement avec une gamme d’émotions plus légères : la joie, l’espérance et même l’insouciance ou le bonheur.
Il est question, comme nous y invite Anne-Dauphine Julliand, de faire « cohabiter dans une parfaite harmonie la douleur et la paix. La douleur de celui qui pleure. Et la paix de celui qui est consolé. »

Voici, à la demande d’une abonnée, ma modeste contribution sur ce sujet.
Je vous redonne ici le texte intégral de la bénédiction que j’ai écrite :

 » Mes mots prennent le risque
d’être des plus fragiles

dérisoires
impuissants

peut-être…

mais sache ô toi
qui a perdu si jeune

l’un de tes propres enfants

que je m’avance
très près de toi

que je me tiens tout contre
le bloc de ta souffrance

Par-delà l’abîme
qui t’anéantit

des mots d’amour te guettent
des mains, des bras, tout un corps

se tiennent prêts
à s’ouvrir et à t’embrasser

Ma présence est peu de chose
au regard de l’enfant qui te manque

mais elle dit tout le soin
que les hommes ont entre eux

Elle accueille ton infinie détresse
au sein de nos vies mêmes

Peu d’entre nous sinon personne
ne connaît la morsure brûlante qui t’assaille

Personne ne sait
ce qui dans ton expérience singulière t’est arraché

mais ce que tu as vécu
et ce que tu vis à présent

chacun le porte désormais à sa manière
dans sa propre chair

Nous ne pouvons pas ramener l’enfant
Nous ne pouvons pas abréger tes souffrances

Nous pouvons simplement te faire
toute place en nos cœurs

Nous pouvons simplement te proposer
notre consolation

Nul ne sait d’où vient la souffrance
Nul ne sait quand elle est retirée

Nul ne sait à quelle heure une vie est complète
Nul ne sait combien de jours nous sont donnés

Nous ne pouvons que contempler le mystère
Nous ne pouvons que continuer d’aimer

Cette absence est un encore parmi nous
Cette absence est un encore à dire

à vivre, à partager

qu’il soit logé dans ton cœur
ou bien fiché dans une étoile au ciel  »

00:00 Pourquoi et comment traiter un tel sujet ?
02:26 Anne-Dauphine Julliand, passeuse de l’espérance
07:34 Bénédiction pour les parents qui sont endeuillés par la mort d’un enfant
11:49 Je compte sur votre soutien…

Conception, écriture et réalisation du podcast : Fabrice Pinel
Musique ( extrait de « Guzheng Melancholy « ) : réalisée avec AIVA

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