Mon récit préféré sur la bénédiction

Juste une année après la première parution française de Vivre sa spiritualité au quotidien (« Le simple art de bénir » en anglais et plusieurs des huit langues dans lesquelles le livre existe à la mi-2013*),
je découvris un article étonnant dans un des principaux journaux de Suisse allemande, (Tages Anzeiger du 15 avril 1999) concernant une infirmière à la retraite, Frieda, qui se sentit dirigée à entreprendre une tâche vraiment surprenante – « mission » serait un terme plus approprié. Il y a deux jours j’ai visionné un très bref film sur cette personne vraiment hors du commun.

Dans la section la plus passante de la gare de Zürich, Frieda resta debout quatorze heures par jour, six jours par semaine pendant plus de 10 ans (un employé de la gare dit 15 ans) à simplement bénir les voyageurs. Elle refusa de donner le moindre interview, disant simplement qu’elle se sentait appelée par Dieu à entreprendre cette tâche. Son exemple me toucha entre autres parce que sa définition de la bénédiction était exactement la même que celle du texte Le simple art de bénir : vouloir le vrai bien pour les personnes, les événements, les situations, etc.

Au fil des ans Frieda a dû bénir des millions de personnes. Ses yeux bougeaient constamment d’une personne à l’autre pendant qu’elle s’appuyait, debout, sur le dos de son fauteuil roulant. Elle prenait de petits moments dans la journée pour se reposer dans son fauteuil. Quelqu’un l’amenait à la gare le matin et la reprenait tard le soir. Tout ce que l’on savait d’elle est qu’elle habitait dans un home pour personnes âgées.

Son exemple me fait penser au livre fameux écrit au 19è siècle en Russie, Récits d’un pèlerin russe, concernant un pèlerin d’origine modeste qui voyage pendant des années cherchant une réponse à l’exhortation de l’apôtre Paul, « Priez sans cesse ». Un starets (chef spirituel) lui apprend à prier la phrase brève : « Seigneur Jésus Christ, ayez pitié de moi ». Utilisée comme un mantra, la prière pénètre

profondément dans le cœur du pèlerin et le transforme, non seulement lui, mais tous ceux avec qui il entre en contact.

Frieda était un « pèlerin » des 20-21èmes siècles qui au lieu de parcourir les plaines des immenses campagnes russes gravissait le sentier parfois aussi ardu de la bénédiction inconditionnelle. Et je suis prêt à parier que son impact ultime sur le monde pourrait bien être infiniment plus significatif que ceux que les media contemporains anglophones appellent « the movers » (ceux qui transforment la scène contemporaine). « Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » disait un certain Jésus …

Vous aussi, amie, ami, pouvez bénir n’importe qui, n’importe quand, partout, tout le temps.

*)Français, anglais, espagnol, italien, allemand, hollandais, danois, slovène et le portugais brésilien paraîtra sans doute en 2014)